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"Leave no trace" Un film marquant

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    " Leave no trace ",  un film écrit et réalisé par Debra Granik en 2017, relate l'histoire d'une jeune fille, Tom, 15 ans. Elle vit seule avec son père, dans la forêt et à l'écart de toute civilisation. Sa vie prendra un tournant irréversible lorsqu'ils se voient obligés de retourner vivre en ville.    Ce qu'on remarque tout de suite dans ce film à la fois haletant et touchant, c'est la beauté de la photographie, remarquablement dirigée par Michael McDonough.     Elle arrive à mettre en valeur la nature, et à créer un contraste entre cette dernière et la ville : la quasi-totalité du film se déroule dans la forêt, où l'image nous paraît presque saturée de vert, et cela provoque un décalage avec la fadeur des couleurs de la ville. Le film montre des détails comme des gouttes de pluie sur les feuilles ou encore des toiles d'araignée, filmés avec finesse et précision, presque à la manière d'un documentaire.    Ensuite, le scénario e...

Le film le plus applaudit

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Film le plus applaudi du festival, Capharnaüm a su être à la hauteur de cette ovation, autant par son histoire que son casting. Le jeune Zaïn fuit de chez ses parents pauvres et mal aimant. Entre débrouille, misère et sensibilité, l'enfant déambule dans les villes libanaises. Avec un casting non professionnel, Nadine Labaki a su parfaitement diriger ses jeunes acteurs de façon à ce que le spectateur ait l'impression de regarder un documentaire. Le naturel dans le jeu d'acteur permet une certaine authenticité plus qu'appréciable et le film gagne alors en puissance. D'autant que le message de la réalisatrice est fort et confère ainsi une certaine empathie pour les personnages de la part des spectateurs. Et malgré toute l'horreur de la situation, l'espoir subsiste et le message reste relativement positif. Du point de vue de la mise en scène Labaki est restée sobre, reproduisant ainsi une sorte de reportage afin d'ancrer encore plus son film dans...

Un film aux couleurs délicates

"Carmen y Lola" est un film espagnol de Arantxa Echevarría qui raconte l'histoire de deux filles gitanes destinées à une vie de femme au foyer avec un mari et des enfants. Carmen, 17 ans, au caractère rebelle, vient de se fiancer. Lola, quant-à-elle, rêve d'aller à l'Université, fait des graffitis d'oiseau et aime les filles. Rapidement, une complicité se noue entre elles malgré le rejet des gitans envers l'homosexualité. En effet, leur communauté est traditionnelle, centrée sur la religion chrétienne et conserve encore des valeurs archaïques et patriarcales. Ces idées se reflètent dans l'esprit de Carmen qui va finalement se laisser aller à la douceur de Lola. Le fait d'avoir mis en scène un personnage comme Carmen, qui n'aurait jamais imaginé aimer une femme, met au centre une découverte de l'amour et une découverte de soi chez ces deux personnages. Cet amour est dépeint de manière très poétique comme avec la scène dans la piscine da...

Une romance imaginaire

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"Mon tissu préféré" est un film en langue arabe de Gaya Jiji. Il est actuellement au festival de cannes dans la section un certain regard. Nahal qui vit avec sa mère et ses deux soeurs est promise à Samir mais celui ci va finalement choisir Myriam la soeur de Nahal. Elle s'enferme dans sa bulle et rencontre sa nouvelle voisine. Nahal est une fille bloquée entre ses rêves et la réalité qui est souvent décevante. Ses fantasmes sont sa bulle dans cette maison où trois autres personnes y vivent. Ce film prend un sens poétique avec cet amour tendre et sincère imaginaire. Pourtant quand elle va voir l'homme avec qui elle est liée dans ses fantasmes, sa voisine Jiji Les couleurs des fantasmes sont clairs pastels. Jiji, la voisine qui tient une maison close complète la mère de Nahal car elle tient un dialogue avec elle que sa mère fuit. Elle ne cherche pas à la protéger mais à la confronter à ce qu'elle est, ce qu'elle veut. Le lien qui se crée entre elles e...

Un grand bain tiède.

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Le film hors compétition cannois de Gilles Lellouche est belle et bien un film français, avec tout ce dont ça peut comporter comme défauts et qualités. Un groupe d'hommes perdu dans leurs vies se retrouve dans une petite piscine municipale pour faire de la natation synchronisée. Gilles Lellouche nous propose plusieurs quarantenaires attachants joués par un casting trois étoiles, et c'est à mon sens le gros point positif, ses personnages. On suit plusieurs histoires parallèlement, mais cela n'empêche pas le développement de chacun, ni l'attachement à chacun, au vu de leurs histoires et caractères. Le climax de fin est véritablement réussi, il nous donne des frissons et nous fait tout autant apprécié le sport présenté. L'autre point positif du film, c'est sa photographie. Les images sont belles, indéniablement. Mais, et c'est bien malheureux, "Le grand bain" possède un gros défaut : sa construction. Malgré trois scénaristes, les histoires ...

Photo de groupe

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Netemo Sametemo, une romance comme on les aime.

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Hamaguchi Ryusuke réalise le film Netemo Sametemo en se basant sur le livre éponyme de Tomoka Shibasaki. Lors d'une visite au musée, Asako rencontre Baku, c'est le coup de foudre. Après quelques mois de relation, il finit par disparaître du jour au lendemain. 2 ans plus tard elle fait la connaissance de Ryohei, double parfait de Baku. Les acteurs jouent à merveille. On arrive à ressentir chaques sentiments des différents personnages plutôt facilement. Les amis d'Asako sont drôles et attachants: des amis qu'on souhaiterait avoir! Petite préférence pour le second petit ami d'Asako:  gentil, intelligent, beau... Que demandez de plus ? On trouve dans la photographie de belles couleurs qui donnent au film une ambiance douce et chaleureuse. La réalisation est très bien travaillée. On peut trouver des plans avec un double sens. Par exemple, lors d'une soirée avec des amis, tout le monde est rassemblé et discutent autour de la table sauf Asako qui reste derrièr...